Huit motos rétro qui ont du coffre, du permis A2 au gros cube

Une seule rétro au garage ? Je prends la Kawasaki Z900RS : un quatre-cylindres soyeux, la silhouette de la Z1 de 1972 et la sérénité d’une japonaise bien née. Au permis A2, la Royal Enfield Interceptor 650 offre le meilleur rapport entre charme et prix, sans le moindre bridage. Entre ces deux pôles, voici huit machines de moyenne et grosse cylindrée, scramblers, roadsters et néo-sportives, jugées sur ce qu’elles donnent une fois la clé tournée.

Les 125 vintage ont leur propre sélection : ici, on parle de moteurs qui ont du répondant. Une néo-rétro, c’est une moto moderne habillée à l’ancienne : injection, ABS, souvent antipatinage, sous un réservoir galbé et des jantes à rayons. Rien à voir avec une ancienne d’époque qui réclame son réglage de culbuteurs à chaque printemps.

Les rétros qui passent au permis A2

Quatre machines qui roulent en 35 kW, de série ou via un kit, sans renier leur caractère au passage.

Royal Enfield Interceptor 650

Son bicylindre de 648 cm³ refroidi air-huile sort 47 ch : juste sous la barre des 35 kW, donc aucun kit à poser. La mécanique reste simple, le moteur tire rond dès les bas régimes et la moto se prête à toutes les préparations. Comptez autour de 7 500 € neuve. Le même bloc anime la Classic 650 (243 kg) et la Bear 650, version scrambler. Entre les trois, je garde l’Interceptor : la plus équilibrée.

Kawasaki Z650RS

La petite sœur de la Z900RS reprend la recette en plus léger : bicylindre parallèle de 649 cm³, 68 ch d’origine et un kit A2 prévu par Kawasaki. Tarif de départ : 8 399 €. Face à l’Interceptor, elle gagne en vivacité et perd un peu de rondeur. Pour un jeune permis qui aime enrouler les virages, c’est mon premier choix.

Triumph Speed Twin 900

L’anglaise joue le roadster classique : bicylindre de 900 cm³, 65 ch, un couple généreux et des finitions léchées. Triumph la décline en version bridée pour le permis A2, une bonne manière de garder la moto une fois le permis A en poche. Budget autour de 11 000 €. Plus chère que les japonaises, elle justifie l’écart par la qualité de la peinture, des fonderies et de la visserie.

Honda CL500

Le scrambler de la bande : bicylindre de 471 cm³, 48 ch, compatible A2 sans kit, roue de 19 pouces à l’avant pour les chemins blancs. À partir de 6 199 €, c’est l’entrée la moins chère de ce top. Le moteur reste sage : parfait pour apprendre, un peu court pour avaler l’autoroute en duo.

Les gros cubes au look d’antan, pour le permis A

Ici, la plupart dépassent les 100 ch et cachent l’électronique d’une sportive sous des lignes vintage.

Kawasaki Z900RS

Ma préférée, toutes catégories confondues. Son quatre-cylindres en ligne dépasse les 110 ch avec une douceur de turbine. La ligne reprend celle de la Z1 de 1972, réservoir en goutte d’eau compris. Position droite, selle accueillante, 195 kg : elle encaisse le trajet quotidien comme la sortie de 400 km. Prix à partir de 13 299 € ; Kawasaki propose aussi une version 70 kW bridable pour les permis A2.

Yamaha XSR900 GP

La plus sportive de la liste. Yamaha a coiffé la base XSR900 d’un carénage façon YZR 500 et FZR des années 80, puis a greffé l’électronique de la R1 : centrale inertielle six axes et quickshifter de troisième génération. Trois-cylindres de 119 ch, 200 kg, 13 499 €. Demi-guidons et repose-pieds réglables sur deux positions l’orientent vers la piste : sur un long trajet, les poignets le sentent.

BMW R 12 S

Le flat-twin de 1 170 cm³ (109 ch, 115 Nm) respire sous une tête de fourche qui cite la R 90 S des années 70. ABS Pro, antipatinage DTC, feux de virage adaptatifs, poignées chauffantes : la dotation d’une routière haut de gamme. Le ticket d’entrée grimpe à 22 990 €, record de ce top. Pour un budget plus serré, la R 12 nineT démarre à 15 900 € avec le même boxer.

Triumph Bonneville T120

La référence historique. Son bicylindre de 1 200 cm³ délivre 80 ch avec un couple copieux en bas. Triumph a glissé ABS, contrôle de traction et modes de conduite sans toucher à la silhouette : jantes à rayons, selle matelassée, chromes. La gamme Bonneville débute à 11 695 €.

Le top moto rétro en un tableau

Les prix relevés correspondent à des tarifs de base hors frais de mise à la route.

Modèle Moteur Puissance Permis Prix neuf indicatif
Royal Enfield Interceptor 650 Bicylindre 648 cm³ 47 ch A2 de série Autour de 7 500 €
Kawasaki Z650RS Bicylindre 649 cm³ 68 ch A2 avec kit 8 399 €
Triumph Speed Twin 900 Bicylindre 900 cm³ 65 ch A2 en version bridée Autour de 11 000 €
Honda CL500 Bicylindre 471 cm³ 48 ch A2 de série Dès 6 199 €
Kawasaki Z900RS 4 cylindres 948 cm³ Plus de 110 ch A (version 70 kW pour A2) Dès 13 299 €
Yamaha XSR900 GP 3 cylindres 890 cm³ 119 ch A 13 499 €
BMW R 12 S Flat-twin 1 170 cm³ 109 ch A 22 990 €
Triumph Bonneville T120 Bicylindre 1 200 cm³ 80 ch A Gamme dès 11 695 €

Quelle rétro choisir selon votre usage ?

Voici comment je répartis ces machines selon le terrain que vous fréquentez :

  • Ville et petits trajets : Honda CL500 pour son gabarit, Moto Guzzi V7 pour son V2 transversal de 65 ch, une signature mécanique unique sur le marché.
  • Balades du week-end : Triumph Speed Twin 900 et Bonneville T120, taillées pour enrouler les départementales.
  • Voyage et duo : Kawasaki Z900RS ou BMW R 12 nineT, les plus à l’aise avec une sacoche et un passager.
  • Chemins blancs : Honda CL500, Royal Enfield Bear 650 ou Fantic Caballero 700 (75 ch, roue de 19 pouces à l’avant).
  • Arsouille et journées circuit : Yamaha XSR900 GP, sans rivale sérieuse dans ce top.

Avant de signer, réclamez un essai d’une heure minimum sur route variée. Une moto superbe en photo révèle vite une selle trop dure ou une position qui casse le dos après 50 km.

Néo-rétro ou vraie ancienne : le regard de l’atelier

Une néo-rétro neuve arrive avec sa garantie, des pièces disponibles en concession et un entretien comparable à une moto moderne. Une ancienne d’époque demande une autre relation : pièces rares, réglages fréquents, restauration à prévoir. Sur le marché de l’occasion, les prix vont d’environ 3 000 € pour un modèle courant à plus de 20 000 € pour une pièce de collection restaurée.

Sur une néo-rétro d’occasion, j’inspecte toujours les mêmes points : fuites d’huile au bas moteur, état des freins, usure de la chaîne et des pneus, carte grise et certificat de non-gage.

Une belle ligne ne remplace jamais un carnet d’entretien tamponné.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *