Avec un casque jet, le masque façon aviateur reste la meilleure option : il ferme le passage du vent jusqu’aux tempes, garde les yeux secs et passe par-dessus des lunettes de vue. En tête de liste, l’Aviator Goggle de Léon Jeantet et le Marko B3. Pour un budget serré, les Bobster et Stormer rendent service sans chichi. Avant de craquer pour un look, trois contrôles s’imposent : la norme EN 1938, un écran en polycarbonate et une teinte adaptée à vos horaires de roulage.
Masque ou lunettes biker, deux écoles
La lunette moto vintage se décline en deux familles. Le masque, le goggle des premiers aviateurs, associe un cadre souple, une mousse plaquée contre le visage et un élastique qui passe derrière le casque. La lunette biker ressemble à une paire de solaires à branches, sauf qu’une mousse amovible ou une jupe en cuir bloque l’air sur les côtés.
Sur route, le masque gagne dès que les kilomètres s’enchaînent à allure soutenue : l’air ne s’engouffre plus par les côtés et les yeux ne pleurent plus au bout de vingt bornes. La lunette biker marque des points en ville : elle se glisse dans une poche de blouson et se porte à pied une fois la bécane garée. Notre avis d’atelier : masque pour un jet ouvert, lunette biker pour les petits trajets ou un casque à visière relevée.
Les modèles de lunette moto vintage qui méritent leur place
Une poignée de marques reviennent chez tous les spécialistes du rétro. Voici celles qu’on recommande sans hésiter, du haut de gamme au dépannage.
Aviator Goggle de Léon Jeantet, la référence française
Fabriqué en France, l’Aviator Goggle accompagne pilotes d’avion, d’auto et de moto depuis 1880. Cuir de chèvre à l’extérieur, bourrelet en mousse contre la peau, écrans clairs traités antibuée : la recette n’a pas bougé et c’est tant mieux. Le T1 garde la forme d’origine. Le T2, plus profond, accueille des lunettes de vue grâce à un élastique réglable jusque sur les côtés. Pour un jet, c’est notre premier choix.
Marko B3 et B8, le look militaire soigné
Le B3 reprend la silhouette des masques d’aviateur militaires avec un large champ de vision. Son élastique de 30 mm se règle et porte un grip silicone qui l’empêche de glisser sur la calotte. Deux paires d’oculaires en polycarbonate arrivent dans la boîte : une claire et une marron qui relève les contrastes par temps gris. Comptez 115 à 130 € pour le B3, autour de 100 € pour le B8 plus compact. L’écran Dark Smoke s’achète à part, vers 30 €.
Baruffaldi Supercompetition, l’artisanat italien
Fini à la main en Italie, le Supercompetition marie cuir marron et monture en laiton chromé. Les verres d’origine restent incolores et des surverres solaires se clipsent sans outil dès que le soleil cogne. Une pochette en cuir complète l’ensemble. C’est la paire des puristes, celle qu’on imagine sur un cafe racer ou une ancienne de collection.
Nannini, Bobster et Stormer pour tous les budgets
Nannini habille ses lunettes TT, Cruiser et Custom de cuir et de chrome, autour de 130 € prix public. Sa TT 4V reçoit même des verres correcteurs. Bobster tient le rayon lunette biker photochromique entre 45 et 75 €, avec plusieurs modèles convertibles. Stormer ouvre la porte dès 21 € : suffisant pour dépanner ou tester le style, un peu léger pour avaler des milliers de kilomètres.
| Modèle | Famille | Atout principal | Pour qui |
|---|---|---|---|
| Léon Jeantet Aviator Goggle T2 | Masque | Fabrication française, compatible lunettes de vue | Motard en jet qui porte des lunettes |
| Marko B3 Goggle Replica | Masque | Deux écrans fournis, grip silicone | Rouleur régulier, toutes saisons |
| Baruffaldi Supercompetition | Masque | Cuir et laiton, surverres solaires | Puriste, moto ancienne |
| Nannini TT 4V | Lunette | Verres correcteurs possibles | Myope qui refuse le masque |
| Bobster Renegade | Lunette biker | Écran photochromique | Trajets de jour comme de soir |
| Stormer T08 | Lunette | Prix plancher | Premier essai du style rétro |
Cinq points à contrôler avant de payer
Le look attire l’œil. Au bout de 500 km, la fiche technique fait la différence. Passez chaque paire au crible de cette liste.
- La norme EN 1938 : dédiée aux lunettes-masques de moto et de cyclomoteur, elle teste la résistance à l’impact d’une bille d’acier, le champ de vision minimal, la transmission des UV et la tenue aux rayures.
- Le polycarbonate : il encaisse un gravillon sans voler en éclats. Fuyez le verre sur un masque de route.
- La teinte : sous 75 % de transmission lumineuse, la norme impose un avertissement contre la conduite de nuit et au crépuscule. Écran fumé le jour, paire claire dans la sacoche pour le retour.
- L’antibuée : la norme la classe en option. Quand le fabricant la revendique, l’écran reste net au moins 30 secondes lors de l’essai.
- Le maintien : élastique large et réglable, doublé de silicone pour tenir sur la calotte lisse d’un jet.
Côté loi, le code de la route n’impose aucune protection des yeux avec un jet sans visière. Seuls le casque homologué attaché et les gants certifiés CE figurent parmi les obligations. Un moucheron dans l’œil à 90 km/h suffit pourtant à convaincre les plus têtus.
Un bon masque se juge sur trois pièces : l’écran, la mousse et l’élastique. Le reste relève du style.
Rouler avec des lunettes de vue, quelles solutions ?
Trois pistes existent. La plus simple : un masque profond qui coiffe la monture, comme le Jeantet T2 ou le Marko B3, élastique réglé pour ne pas écraser les branches. Deuxième option, une lunette moto à verres correcteurs type Nannini TT 4V, à faire monter chez l’opticien. Dernière piste, les lentilles de contact laissent le champ libre sur le choix du modèle. Un conseil de vieux routier : essayez le masque avec vos lunettes et votre casque avant d’acheter. Une monture trop large frotte contre la mousse et laisse une marque rouge sur le nez après une heure de route.
Faire durer cuir, mousse et écrans
Un masque vintage vieillit bien quand on le bichonne. Nettoyez l’écran à l’eau tiède savonneuse avec un chiffon microfibre : jamais de produit à vitres ni d’essuie-tout, qui rayent le polycarbonate et attaquent le traitement antibuée. Nourrissez le cuir avec un baume une ou deux fois par saison, comme la selle ou le blouson. Après une averse, laissez sécher la mousse à l’air libre, loin du radiateur qui la durcit. Rangez enfin le tout dans sa pochette : un masque qui traîne au fond du top-case ressort rayé en quelques sorties.







